La transition numérique dans les métiers de l'Infra

Curieuse par nature et soucieuse de bien comprendre les enjeux autour de la transition numérique, l’équipe du blog de l’Infra s’est rendue à l’IUT Génie Civil de Saint-Nazaire afin de rencontrer des étudiants, enseignants, chercheur et professionnels.
Notre objectif, à travers ce regard croisé, est de permettre à différents acteurs de se rencontrer et favoriser les échanges pour tenter d’y voir plus clair.

Place de la transition numérique et perceptions des différents acteurs

  • Devons-nous parler de transition ou de révolution numérique?
  • Qu’en pense la génération Z, celle des smartphones et des réseaux sociaux, ces natifs du numérique ?
  • Est-ce vraiment une transition pour eux ?
  • Trop compliqué, trop cher, pas formé, le changement fait peur et c’est bien normal, mais avons-nous vraiment le choix ?

Mieux comprendre la place du numérique et les perceptions de chacun, c’est anticiper les tendances, les nouveaux usages, les nouvelles relations, les nouveaux métiers et les nouvelles compétences. Mais c’est aussi, nous l’espérons, tenter de lever des freins, des peurs liées à cette transition digitale, pour qu’aucune entreprise, aucun acteur ne passe à côté de cette transition inéluctable

Au blog de l’Infra, nous croyons au vieil adage : tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin… Alors voyons, comment tous ensemble nous percevons la transition numérique.

Notre équipe du jour:

  • Abdelhafid Khelidj: Professeur et responsable de la licence Génie Civil est chercheur à l’Institut de recherche en génie civil et mécanique,table ronde , regards croisés sur la transition numérique
  • Arnaud Pertué : enseignant et directeur études de la Licence professionnelle conduite de projet et de travaux publics,
  • Gérome Seguettes : enseignant Génie Civil,
  • Clément Dhalluin : Étudiant en licence Conduite de projet et de travaux publics,
  • Alexis Penec : étudiant en licence Conduite de projet et de travaux publics,
  • Anaïs Lemonnier : étudiante en licence Conduite de projet et de travaux publics,
  • Yann Derrien : Directeur Commercial de l’éditeur de logiciels métier GEOMENSURA,
  • Nicolas Bernier: responsable des études dans une agence de l’entreprise CHARIER et vacataire auprès de l’IUT.

Réflexions en groupe autour de la transition numérique

Pour plonger nos interlocuteurs dans le grand bain du numérique, nous avons pris le parti de les faire réfléchir, tous ensemble, à une première question transversale:

Quelle vision avez-vous de la transition numérique ?

  • Côté Chercheur

On retrouve 2 mots: transition et numérique. Nous sommeAbdelhafid Khelidj: Professeur et responsable de la licence Génie Civil est chercheur à l’Institut de recherche en génie civil et mécanique,s passés d’un travail où le papier prédominait à du numérique et cela en très peu de temps. Aujourd’hui, les 4 GAFA possèdent les DATA, mais il va falloir compter sur un cinquième élément : la DATA elle-même. Elle sera un élément majeur dans nos métiers des travaux publics, mais aussi dans la vie courante.

Les méthodes de travail et la communication vont changer profondément. Les objets créés par les ingénieurs seront utilisés différemment, comme une route par exemple, qui elle-même peut devenir un objet véhiculant des données. Ainsi, l’ouvrage lui-même devient numérique. Les données, les métas données sont bien au cœur de cette transition numérique.

Bien sûr; il y a forcément des réticences et elles ne sont pas liées à l’âge. Seulement, c’est incontournable, il va falloir modifier nos méthodes de travail. Certaines entreprises, notamment les petites entreprises, ont encore peur de la transition numérique et freinent leurs investissements. Mais il faut être confiant, elles passeront ce cap car elles doivent le passer pour pérenniser leur développement.

  • Côté éditeur de logiciel

On sent bien que les nouveaux outils numériques sont là pour améliorer les processus de création, de conception et qu’en même temps ils modifient en profondeur les relations entre les acteurs. Le rôle du manager devient désormais prépondérant. La transition numérique va bien plus loin que la simple vision outil. Nous parlons d’un changement radical de notre façon de travailler, d’échanger, de communiquer. La transition numérique nous fait peur à cause du changement, mais son but est bien d’optimiser nos méthodes de travail.

Il y a effectivement une réelle question autour de la donnée : quelle quantité de données est assimilable par l’individu ? Quelle donnée est intéressante pour amener de la production et du gain de temps sur un projet ?

  • Côté enseignantsArnaud Pertué : enseignant et directeur études de la Licence professionnelle conduite de projet et de travaux publics,

La partie méthodologie en entreprise a profondément changé, nous sommes effectivement passés en mode collaboratif.
Nous avions l’habitude d’être dans des pédagogies d’utilisation de l’outil, nous devons désormais axer notre formation autour des nouvelles méthodes de travail, nouveaux métiers et nouveaux usages.

Les entreprises qui ont intégrées le numérique sont des entreprises d’avenir !

  • Côté étudiants

Nous sommes nés avec le numérique, il a toujours fait partie de nos vies et de nos formations. Ce que nous ressentons, lors de nos présences en entreprise, c’est que la transition numérique apporte des nouvelles compétences, qui facilitent le travail et booste l’efficacité. Travailler avec le numérique et en mode collaboratif fait résolument partie de notre quotidien. À la fin de nos études, nous nous tournerons donc essentiellement vers les entreprises qui ont effectivement intégré le numérique. Ce sont des entreprises qui sont tournées vers l’avenir et qui correspondent à nos attentes

Après ces premières réflexions, nous proposons à notre petit groupe de réfléchir à une seconde question.

 

Comment voyez-vous votre métier, vos outils de demain, avec la transition numérique?

  • Enseignants

Notre objectif est de rester en veille afin de proposer des formations toujours à la pointe des nouvelles technologies, des nouvelles pratiques.
Des étudiants bien formés, peuvent aussi aider les entreprises à passer le cap de la transition numérique.

  • ÉtudiantsDébat sur la transition numérique dans les métiers de l'Infra

En bureaux d’études, par exemple, on apprend beaucoup de l’expérience des autres et le numérique est déjà présent depuis longtemps. On constate par contre que tout est toujours conservé en doublon au format papier.
Le numérique ouvrira des portes sur l’avenir et il doit servir de tremplin pour les jeunes qui ont grandi avec lui. Oui, nous pouvons partager cette expertise et accompagner les entreprises. C’est un échange de savoir.

Sur la conduite de travaux, le numérique facilitera le travail, il apportera de la précision, optimisera la rentabilité et renforcera la sécurité sur les chantiers. Tout cela est fondamental.

  • Chercheur

Le numérique ne se résume pas aux tracés, aux plans, il intègre aussi la robotique et va bien au-delà de ce dont nous parlons aujourd’hui.
Devant d’autres entreprises étrangères, les entreprises françaises qui n’investissent pas dans l’innovation ne pourront pas répondre techniquement.
C’est important car cela va très vite, le changement a eu lieu en très peu de temps et il ne faut pas que des entreprises restent sur le côté de la route.

  • Editeur

Oui, la transition numérique ne va pas impacter seulement quelques personnes en entreprise, mais c’est bien l’ensemble de l’organisation, du fonctionnement qui est concerné.
Toutes nos entreprises de construction, qui se développent à l’international, ont intégré des cellules de R&D sur ces thématiques, car elles ont bien compris les enjeux.

C’est aussi une manière de valoriser leurs savoir-faire et être à la pointe de l’innovation pour attirer de nouveaux talents.

Le fossé peut se creuser entre les leaders nationaux et les entreprises régionales, à savoir les PME, qui pensent qu’elles auront le temps de se mettre à jour.
Or la transition numérique doit s’inscrire dans le temps, dans la durée et trop tard, ça n’existera pas, nous aboutirons à un échec.
Cela peut mener à une fracture numérique, le danger est bien réel.

Pour conclure sur cette première partie, nous pensons que les étudiants, sont en fait les enfants de la fracture numérique et c’est bien parce qu’il y a une fracture numérique qu’il y a une transition numérique. Si ce sujet vous intéresse nous vous invitons à découvrir la suite des ces interviews dans les prochains épisodes.

D’ici là, n’hésitez pas à nous donner votre opinion sur cette transition numérique et éventuellement, partagez cet article avec votre réseau !

 

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