Métier de conducteur d'engins

Bienvenue dans ce nouvel épisode des clefs de la réussite. Nous vous proposons aujourd’hui de faire le point sur le métier de conducteur d’engin. Particulièrement impacté par la technologie celui-ci est en pleine révolution. Vous le savez désormais l’équipe du blog de l’Infra aime les regards croisés, car ils permettent de confronter les points de vue et d’avoir ainsi une vision assez complète du sujet. Pour cet article sur le métier de conducteur d’engins, nous sommes allés interroger différents acteurs :

  • Nicolas Leroy directeur de la société LTPS, il équipe les machines de TP en outils de guidage et mesure de précision. La société travail en collaboration avec Topcon. Son rôle est notamment d’assurer la formation des utilisateurs à leurs systèmes de guidage. Il forme également les géomètres à préparer les données des projets 3D, qui seront envoyées à la machine.
  • Aurélien Selle de la société SAMI TP chef de produit des Intelligent Machine Control (IMC). Son rôle est d’assurer la promotion des éditions de contrôle, intégrées dans le parc Komatsu. Il assure notamment la formation des utilisateurs : géomètres et opérateurs de machine.
  • Jérémy Rivière conducteur d’engin et Michaël Béni conducteur de travaux pour la société A3TP située au Landreau (44). Cette entreprise propose de la location d’engins et depuis presque 4 ans fait également des chantiers de Travaux publics avec des entreprises de maçonnerie et de gros oeuvre.

3 entreprises, 4 visions pour comprendre le métier de conducteur d’engins d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Le métier de conducteur d’engin et l’impact des nouvelles technologies

Un des premiers éléments à impacter le métier de conducteur d’engin, est la modification du parc. En 15 ans, Nicolas Leroy a pu constater que le nombre de machines équipées de guidage GPS a considérablement augmenté. D’une machine sur 50 équipées, il y a 15 ans, nous en sommes à l’heure actuelle à 25/50, soit la moitié du parc et le chiffre ne fera qu’augmenter. Aurélien Selle confirme, la croissance concernant les machines équipées, en usine, de guidage est à 2 chiffres. Spécialisé dans l’installation d’outil de guidage sur les machines de TP, Nicolas Leroy est conscient que son métier est également en pleine mutation. Il doit donc anticiper sa reconversion pour se tourner vers des solutions intelligentes de terrain pour les géomètres et les chefs de chantier. Preuve s’il en est qu’il va falloir compter sur les nouvelles technologies.

Chez A3TP une pelle à chenille de 25 tonnes est équipée d’un GPS embarqué. Concrètement l’arrivée du GPS dans les machines permet à Mickaël et Jérémy de travailler en étroite collaboration. Michaël peut envoyer les données 3D à Jérémy qui peut donc visualiser le chantier sur son ordinateur depuis sa pelle. Ainsi, il peut terrasser un chantier sans avoir posé un seul piquet.
Loin d’être perçue comme dangereuse ou concurrentielle, l’arrivée de la technologie est complémentaire et apporte énormément d’autonomie au conducteur d’engin. Jérémy Rivière peut désormais travailler seul, il n’a plus besoin de personnel au sol, de questionner le géomètre ou le conducteur de travaux s’il a des questions.

Il suffit que je me déplace sur le chantier avec ma pelle et je visualise mon godet sur mon écran, comme Michaël en bureau d’études avec sa souris. Dès que je pose mon godet les informations s’affichent : profondeur, pente, hauteur de remblaiement par exemple. Tout est dessiné et on travaille avec une précision à 2 cm. Avant il fallait un laser avec une personne au sol, on travaillait à l’œil et il fallait passer plusieurs fois. Aujourd’hui je passe une fois pour régler une plateforme et c’est bon.

Toutefois quelques limites à la technologie demeurent. Comme tous GPS parfois il n’a pas de réseau. Il reste difficile de travailler près d’un masque : immeuble ou foret, ou dans des hangars car la connexion se perd. A contrario le temps est rarement un obstacle il est possible de travailler par temps froid ou même de nuit. L’apport de la technologie reste donc un formidable atout pour le conducteur d’engin d’aujourd’hui : confort, valorisation du travail, autonomie, gain de temps et productivité sont à la clef.

L’interopérabilité

Ce sujet de l’interopérabilité revient souvent dans nos articles, et celui-ci ne fera donc pas exception. En effet, un des gros changements dans la profession de conducteur d’engin est lié aux logiciels métiers. Grâce à l’interopérabilité, à la simplification des manipulations et à la communication entre les outils, le conducteur gagne beaucoup de temps et donc en productivité. Associées au guidage, ces technologies facilitent le métier de conducteur d’engin, qui peut voir concrètement ce que les technologies peuvent lui apporter.

Engins de chantiers

Conducteur d’engin un métier d’avenir ?

Des profils de plus en plus jeunes…

On constate en effet, que les systèmes se sont simplifiés, et que désormais ils sont enseignés dans les écoles. Selon Nicolas Leroy, avant seules les niveleuses étaient équipées, cela nécessitait beaucoup d’expérience et il y avait finalement peu de conducteurs qualifiés. Désormais la donne a changé, tous les types de machines sont équipés. Les jeunes, nés avec l’informatique, arrivent sur le marché. Ces derniers sont nettement moins impressionnés par toutes ces technologies, qu’ils apprennent à l’école de surcroît.

Aurélien Selle partage cette vision. Dans son entreprise, il côtoie régulièrement les conducteurs d’engins et il voit bien les profils évoluer et se rajeunir. Les machines Komatsu sont équipées d’écrans tactiles et les conducteurs d’aujourd’hui savent paramétrer tout seul leur machine. Le métier s’oriente très clairement vers un chantier de plus en plus connecté.

Chez A3TP on pense un peu la même chose. C’est un métier d’avenir et qui fait encore rêver les plus jeunes. Jérémy Rivière a le sentiment de jouer toute la journée. Passionné d’engins, il réalise un rêve de gosse au quotidien, sans jamais perdre de vue la dangerosité de ces grosses machines, notamment pour le personnel au sol.
D’ailleurs pour les futurs conducteurs d’engins qui nous lisent voici son conseil pour devenir un bon conducteur :

« Il faut selon moi commencer par apprendre à travailler au sol, apprendre à poser des buses, faire les piges du laser, régler des cailloux au râteau… C’est important car ensuite en tant que pelleteur on sait ce qu’il faut faire pour protéger les gens au sol, pour faciliter leur travail. C’est primordial selon moi de comprendre la tâche et sa dangerosité au sol, notamment à proximité de l’engin ».

Michaël Béni confirme et apporte des précisions car pour lui, ce métier reste encore très physique :

Certes, avec le GPS embarqué, le conducteur d’engin descend beaucoup moins de sa machine. Egalement, le déverrouillage automatique des godets a aussi apporté beaucoup de confort. Cependant, le nettoyage des engins reste physique et les vibrations usent les corps au niveau du dos et des épaules.

Le conducteur d’engin de demain

Pas de doute, le conducteur d’engin de demain devra être à la pointe de la technologie. Selon Aurélien Selle, avant, le bon conducteur d’engin était celui qui avait la bonne vision du chantier, qui savait gérer les matériaux, ses mouvements de terre et bien entendu savait parfaitement manipuler sa machine. Tout cela reste impératif et le sera probablement demain. Mais il va falloir compter avec la technologie et se concentrer sur les mouvements de matériaux et de terre plus que sur le pilotage de la machine.
En effet, la machine autonome arrivera un jour, mais l’opérateur avec son regard averti restera indispensable. Nous sommes aujourd’hui sur un accompagnement semi-automatique encore novateur en France. Dans un futur très proche le conducteur d’engin sera encore plus impacté par la technologie avec des machines de plus en plus intelligentes. C’est tout le projet Smart Construction de Komatsu, mais c’est un autre sujet que nous décrypterons pour vous dans un prochain article.

conducteur d'engin

Toutefois, force est de constater que côté entreprise de TP et conducteur d’engin la machine autonome semble bien loin. On l’imagine d’abord sur des petites machines, des compacteurs pour les autoroutes par exemple. Pour assister un métier répétitif et dangereux. Michaël Béni imagine quant à lui des évolutions liées à la taxation carbone qui pourraient impacter les engins pour les passer sur des énergies plus durables. La taille des chantiers va probablement évoluer pour des chantiers plus petits et cela annoncera donc peut-être la fin des grosses machines. L’avenir nous le dira…

Quoi qu’il en soit tous nos témoins sont unanimes le conducteur d’engin a encore de belles années devant lui. La bonne nouvelle c’est qu’il faudra toujours l’expertise du chauffeur, accompagnée par les nouvelles technologies pour une maîtrise totale du chantier.
Alors si vous êtes en quête d’un métier qui fait la part belle à l’autonomie, la créativité, la technologie, aux responsabilités et dans lequel chaque jour peut vous emmener sur un chantier différent, le métier de conducteur d’engin est probablement fait pour vous !

Pour finir, nous vous proposons une petite vidéo qui reprends plutôt bien les évolutions du métier. Merci à Komatsu pour cette présentation !

 

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