Intelligence collaborative & agir collaboratif posons le cadre

L’équipe de la rédaction du blog de l’Infra, vous propose de décrypter ce vaste sujet de la collaboration. En effet, terme à la mode s’il en est, il s’accompagne d’un large champ lexical dans lequel il n’est pas toujours aisé de s’y retrouver : coopération, intelligence collaborative, coordination, ou encore l’agir collaboratif. Nous avons donc décidé de prendre la collaboration à bras le corps afin de tenter d’en faire le tour et de répondre finalement à cette question essentielle : sommes-nous fait pour collaborer? Pour cela, nous nous sommes associés à un expert de l’intelligence collaborative et de l’agir collaboratif : Serge Levan.

Prologue :

La collaboration, est, en général,  associée à l’Homme et en ce qui nous préoccupe ici,  à sa place prépondérante dans les différents process et notamment le BIM. Mais la collaboration est un vaste mot, alors  interrogeons-nous sur ce qui se cache vraiment derrière tout ça, derrière cette intelligence collaborative dont tout le monde parle. Vous avez probablement dans vos services, dans vos entreprises, sur vos chantiers, essayé de mettre en place des processus collaboratifs, avec plus ou moins de succès. Bien entendu, nous sommes conscients, en tant qu’éditeur de logiciels, que la collaboration touche aussi bien l’Homme que les solutions que nous éditons. Pour autant, si vous réalisez des maquettes avec des logiciels métier, c’est bien avec vos équipes que vous réussissez vos projets. Alors pour réussir ensemble, nous vous proposons une série de 6 articles pour réfléchir au thème de l’intelligence collaborative appliquée à nos métiers de l’Infra et au BIM.

4 actes reparties comme suit :

1. Que signifie collaborer

2. De quelle collaboration devons-nous parler, pourquoi est-ce difficile de collaborer?

3. Quels sont les moments opportuns pour mettre en place cet « agir collaboratif » dans des bureaux d’études par exemple ?  / L’agir collaboratif appliqué au BIM

4. Quel rôle peut jouer l’éditeur de logiciel pour faciliter la collaboration ? /  L’agir collaboratif est il LA solution pour passer le cap de la transformation ?


⇒ Entrons désormais dans le vif du sujet avec Serge Levan pour notre première partie :

Nous parlons régulièrement de collaboration, or savons-nous vraiment ce que cela signifie ?

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste cette forme d’organisation du travail ?

l’intelligence collaborative Serge Levan

La collaboration est très présente dans la littérature et la rhétorique managériale. Malheureusement elle est plutôt rare dans le quotidien de nos situations de travail. C’est un fait. Et chacun peut constater que ceux qu’on appelle « collaborateurs » dans les entreprises, ne collaborent pas vraiment. Au grand dam des équipes dirigeantes qui, elles-mêmes, ont autant de difficultés à donner l’exemple dans ce registre !
Cette difficulté à collaborer ne date pas d’hier dans notre culture occidentale qui valorise la compétition et l’individualisme. Et, contrairement à l’idéologie dominante, l’inflation des « outils collaboratifs » ne simplifie pas la collaboration au travail.

Au premier abord, ce propos peut choquer dans une société hyperconnectée avec une mentalité 2.0 qui ne jure que par le préfixe co- : co-élaborer, co-utiliser, cohabiter, covoiturer, co-worker, etc. Mais, finalement:

De quelle collaboration parlons-nous ?

Dans le monde du travail, la collaboration n’est qu’une modalité particulière d’organisation et de communication des ressources employées, humaines et non-humaines. Mais une modalité dont on ignore bien souvent les caractéristiques de ses éléments. Caractéristiques qui impactent directement les pratiques managériales traditionnelles fondées sur d’autres modèles.

De manière simplifiée, la collaboration résulte d’une combinaison particulière de trois processus relativement complexes : la communication, la coopération et la coordination. Dans un groupe de travail ou une équipe de projet, ces trois processus sont complètement intriqués et indissociables. Sans communication, la coopération et la coordination sont impossibles. Et il ne peut y avoir de coopération efficace sans coordination.

La communication, en quantité et en qualité, est le socle de la coopération. Mais c’est aussi celui de la coordination.

Communiquer, c’est savoir se comprendre mutuellement.

C’est aussi vouloir et pouvoir communiquer ! La communication rend possible la coopération : une activité collective finalisée, conjointe et solidaire, négociée et régulée. Dans le même temps elle rend également possible la coordination, c’est-à-dire la régulation, la mise en ordre, la structuration des actions coopératives dans un souci de performance.

Dans un groupe, on peut coopérer selon deux modalités. La coopération par actions communes correspond à ce qu’on appelle couramment le travail dit « en synergie ». Ce type de coopération nécessite beaucoup de communication. À l’inverse, la coopération par actions séparées correspond à ce qu’on appelle le travail « en répartition ». Travail qui nécessite beaucoup moins de communication.

Au sein du groupe, les activités coopératives peuvent être coordonnées selon deux modalités. La coordination est dite hétéronome lorsque le groupe est contraint d’appliquer des règles qui lui sont imposées de l’extérieur. Elle est dite autonome lorsque le groupe est capable de définir ses propres règles de travail. Cette coordination autonome peut elle-même prendre deux modalités différentes : elle peut être contextuelle à l’action (la coordination s’effectue en temps réel dans le cours de l’action) ou préalable à l’action (la coordination est définie avant le démarrage de l’action).  Ce terme désigne un alignement particulier d’une coopération par actions communes et une coordination autonome, contextuelle ou préalable à l’action. Le travail collaboratif est donc une combinaison parfaitement identifiable de modalités de coopération et de coordination du travail collectif.


⇒ Nous en savons désormais un peu plus sur le processus collaboratif et la place prépondérante de la communication, de la coopération et de la coordination. Les différentes modalités possibles  pour coopérer sont également définies. Force est donc de constater que collaborer résulte finalement d’un processus sommes toute assez complexe, qui amène naturellement la question suivante :  est-ce pour cela qu’il est si difficile de bien collaborer en mode projet ? Voici le thème que nous aborderons dans notre second chapitre dédié à la collaboration et à l’intelligence collaborative.

Biographie Serge Levan

Serge Levan est consultant formateur et professeur associé à l’Université de Technologie de Troyes. Il intervient également dans des formations au management du BIM à l’Université Catholique de Louvain (Belgique) et au CESI (France). Il est notamment co-auteur du livre « Les Managers du BIM (co-auteure Pervenche d’Audiffret, Eyrolles, 2018) et auteur du livre « Management & collaboration BIM (Eyrolles, 2016)

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