Chantier infrastructure100% BIM

Pour finir notre série, nous vous proposons de revenir sur un chantier réalisé en 2015 par le regroupement de Bouygues et Arcadis d’infrastructure réalisé à 100% en BIM : Port de calais 2015.

En effet, il nous apparait important d’illustrer concrètement cette série de 5 épisodes avec un projet qui a su utiliser le BIM jusque dans son « mode chantier » pour continuer à anticiper les risques soulevés pendant la phase d’étude et augmenter ses chances de minimiser les écueils en phase exécution.

Mais avant tout, revenons rapidement sur les usages que vous pouvez espérer avoir du BIM dans un chantier d’infrastructure.


Quels sont les usages du BIM en mode chantier dans l’infra

Nombreux sont les usages que vous pouvez imaginer avoir du BIM dans un projet d’infrastructure (VRD, réseaux…). Cependant, les usages sont également multiples lorsqu’il s’agit de les amener sur le terrain pendant la phase chantier.

Nous vous proposons donc ci-dessous une liste non exhaustive d’usages du BIM sur les chantiers :

  • Le guidage machine,
  • Le suivi financier et l’avancement terrain du chantier,
  • Le récolement,
  • La production simplifiée de livrables : plan d’exécution, calendrier prévisionnel,
  • La validation de la cohérence technique des documents,
  • La communication autour du projet facilitée entre les clients et les usagers. Il est en effet possible de réaliser une maquette du chantier poussée avec de la réalité augmentée ou virtuelle, qui devient donc un véritable outil de communication, voire de commercialisation,
  • L’anticipation du chantier,
  • La préfabrication industrielle de certaines parties, afin d’optimiser la production
  • La planification des ressources nécessaires : Hommes, matières premières, machines etc.
  • La réception des ouvrages simplifiée

En résumé, utiliser le BIM en « mode chantier » permet de sécuriser son chantier : techniquement, financièrement, humainement, tout en respectant les plannings. Comme le précise Léonard Guitteny :

« on a tout gagné ! En effet, si on a bien identifié les problèmes techniques grâce à la maquette numérique, et que l’on a bien phasé le chantier, toujours grâce à la maquette, on a effectivement plus de chance d’avoir un chantier rondement mené » et plus rentable !

Eventuellement, nous pourrions aller encore plus loin en ajoutant les études analytiques ou techniques, afin d’effectuer des dimensionnements en fonction de la maquette. Mais si cet usage est courant dans le bâtiment, il est encore récent et assez peu utilisé dans nos métiers de l’Infra. Il est donc fort probable que notre liste non exhaustive soit très rapidement complétée par de nouveaux usages !


L’extension du port de Calais, un chantier 100% BIM

Il s’agit ici, d’un chantier ambitieux visant à étendre le port de Calais avec notamment l’ajout d’une nouvelle digue. Le chantier global comprend : une digue de 3 kilomètres de long, un bassin de 110 hectares, un terre-plein sur l’eau de 45 hectares, ainsi que trois nouveaux postes de ferries, 65

Ce chantier a été traité avec une convention BIM et la nouvelle digue a été entièrement modélisée. L’objectif était de retranscrire la maquette réelle afin de simuler les marées et valider ainsi techniquement la durabilité du projet. Le BIM a permis de détailler le mini-projet en expérimentation.

Dans la vidéo ci-dessous, vous pourrez visualiser en times laps la fabrication de ce mini-projet :

La maquette a ensuite été mise en eau, afin de simuler la houle, comme vous le montre cette autre vidéo :

Pour ce chantier de la digue de Calais d’énormes XBLOCS ont été préfabriqués et posés de manière extrêmement précise grâce à la maquette. Testés sur le mini-projet ils ont ensuite été fabriqués à taille réelle, puis installés sur le chantier grâce au guidage machine. Cette mini-maquette a permis de se projeter dans les conditions réelles, ensuite, c’est l’expertise des conducteurs d’engins associée à la technologie, qui a fait la réussite de ce projet.

L’extension du port de Calais est donc un parfait exemple de chantier 100 % BIM, réalisé autour d’un partenariat public/privé. Nous retrouvons bien ici les usages en lien avec le BIM :

  • Un chantier sécurisé
  • Le guidage machine
  • Le suivi de chantier en temps réel
  • Une bonne réception du chantier.

Nous souhaitions partager avec vous un autre exemple, celui de l’extension du port de Monaco. Si nous sommes légitimement en droit de nous interroger sur l’impact environnemental de ce projet, il n’en reste pas moins impressionnant techniquement parlant. La modélisation est ici présente à tous les stades du chantier.

Enfin, nous ne pouvions pas conclure cet épisode, sans parler du Grand Paris Express, dont la maîtrise d’ouvrage est assurée par la société du Grand Paris. Sur ces projets qui s’inscrivent sur 10 à 15 ans, le BIM va permettre d’avoir l’historique du projet, de capitaliser sur les expertises acquises pendant le chantier et ainsi d’optimiser l’exploitation, en somme : faire progresser le BIM.

Maintenant, ce chantier est tellement vaste qu’il n’a pas nécessairement sa place dans une conclusion…

En tout cas, nous espérons avoir piqué votre curiosité et c’est avec plaisir que nous vous retrouverons dans une nouvelle série d’articles totalement dédiée à ce chantier phénoménal du Grand Paris Express. Et si vous êtes en train de vous dire que cela ressemble à du teasing, sachez que vous avez parfaitement raison…

Et vous, est-ce que ça BIM_e ?


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