BIM Infrastructures

À l’approche du BIM world, il nous a semblé pertinent de faire un état des lieux du BIM Infra autour de 5 questions posées à Bastien Avril, Directeur Technique chez GEOMENSURA

Pouvons-nous tout d’abord définir ce qu’est le BIM infra ?

Le BIM infra, est le process BIM appliqué à un projet d’infrastructure, soit tout ce qui touche aux infrastructures routières, voiries et réseaux divers, les aménagements urbains (VRD), les lotissements-ZAC, et l’assainissement.

Un process BIM tend à « faire parler » le même langage à tous les intervenants d’un projet, dans l’optique de fluidifier les échanges, et d’éviter la perte de données ou la double saisie d’information par exemple. Parmi les finalités du BIM, il y a la livraison d’une maquette numérique de l’ouvrage tel que construit, avec le bon niveau d’information, afin d’exploiter au mieux l’ouvrage, et anticiper éventuellement sa réhabilitation ou sa destruction, mais également une gestion centralisée des divers documents nécessaires à sa réalisation.

Quel est le fonctionnement du BIM infra versus BIM bâtiment ?

Effectivement, le BIM est un process imaginé par les acteurs du bâtiment, et il existe encore peu d’exemples concrets liés à des projets d’infrastructure. Pourtant avec les logiciels CAO/DAO infrastructures édités par GEOMENSURA, comme MENSURA GENIUS  par exemple, les acteurs de l’infrastructure intègrent d’ores et déjà des process BIM sans parfois le savoir.

Nos logiciels permettent depuis longtemps, l’échange de données (DWG, LandXML,…), et proposent des outils pour réaliser une maquette numérique des projets, et d’analyse de collisions des objets par exemple, tout en dessinant des plans. C’est bien souvent une maquette numérique de l’ouvrage qui est réalisée par le dessinateur, le géomètre ou le projeteur. Cette maquette numérique peut être ensuite utilisée pour préparer les données nécessaires au chantier, dans le cadre du guidage automatique des engins de chantier, ou dans le cadre de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée. La restitution de la maquette numérique de l’ouvrage « tel que construit » est déjà une réalité.

Quels sont les avantages et enjeux du partage de données ?

L’un des principaux avantages est de collaborer le plus tôt possible sur le projet, en y ajoutant le bon niveau de détail, avec l’objectif que les modifications du projet aient un impact le plus faible possible sur son coût. Aujourd’hui, la donnée est déjà partagée, car sans partage, il est difficile de concevoir un ouvrage.

Je parlerai plutôt de la qualité de l’échange et de la donnée partagée. C’est en effet sur ce point que le BIM infra est un enjeu important, car  on ne pleut plus se contenter d’un e-mail, par exemple, pour modifier un plan.

Concernant la qualité de la donnée, celle-ci va évoluer selon la phase du projet. En début de projet ou en avant-projet, la donnée n’a pas nécessairement besoin d’être très détaillée, car une part de l’information n’est pas définie, et des modifications majeures peuvent être courantes. Concrètement, prenons l’exemple d’un regard de visite d’un réseau d’assainissement, qui au début va être représenté par un simple point.

Dans la phase projet ou préparation du chantier, une information détaillée va être nécessaire, car on s’assure que le choix opéré n’entre pas en conflit avec une autre composante du projet. Par exemple, les dimensions de ce regard de visite vont être définies, et permettront de détecter si celui-ci n’entre pas en conflit avec un autre regard de visite, ou une bordure de chaussée. Sa géométrie a évolué.

En phase de travaux, le choix d’objets manufacturés va être opéré par l’entreprise, et il sera intéressant d’ajouter cette information dans les propriétés. Des informations « textuelles » sont donc ajoutées au regard de visite, et celles-ci pourront être exploitées sur la phase d’exploitation de l’ouvrage.

Les industriels ont ici un rôle à jouer, en proposant leurs catalogues en objet 3D associés à des informations « textuelles ». C’est aussi tout l’enjeu du PPBIM (prévoir ici un lien vers l’article sur le PPBIM)

Pour s’assurer que l’ensemble des informations sont bien véhiculées durant les phases de collaboration, il est impératif de parler le même langage. Pour cela, il faut décrire un process. Ce process, c’est le BIM.

Existe-t-il plusieurs BIM ?

Le BIM est un cap à suivre, on peut donc imaginer plusieurs chemins pour y arriver, et qui dépendent de la nature du projet et des entreprises. Cela peut être envisagé sous cette forme :

  • Le petit BIM fermé : un projet réalisé avec un même outil, utilisant un process et un format d’échange des données fermé
  • Le petit BIM ouvert : un projet réalisé avec un même outil, utilisant un process ouvert et un format d’échange des données ouvert
  • Le grand BIM fermé : un projet réalisé avec différents outils, utilisant un process fermé et des formats d’échange de données fermés
  • Le grand BIM ouvert : un projet réalisé avec différents outils, utilisant un process ouvert et des formats d’échanges de données ouverts (l’idéal).

Enfin, quels sont les freins autour du BIM Infra ?

Aujourd’hui, j’entrevois 3 freins :

Le frein humain, car le BIM est fortement lié à la transition numérique et induit une transformation des métiers. Il y a quelques années, Un géomètre passait majoritairement son temps sur le chantier, pour préparer les implantions et réaliser les récolements. Aujourd’hui, demain, son activité chantier se réduit, il passe davantage de temps à modéliser, et préparer ses données pour du guidage automatique des engins. D’où l’importance de se former au BIM infra.

Un autre frein est, il me semble, lié aux prescripteurs (maîtrise d’ouvrage). La mise en place d’un process BIM nécessite des instructions claires, notamment pour livrer la maquette numérique avec le bon niveau d’information (d’un point de vue géométrique et information textuelle). Aujourd’hui, les instructions ne sont pas toujours claires, voire inexistantes.

Les outils de collaborations, ne sont pas tout à fait adaptés aux métiers de l’infra (Format IFC, classifications d’objet, normes,…) mais cela va changer.  En 2019, les  IFC évoluent vers un format résolument adapté à l’infrastructure avec la version 2X3 dédiée à l’écriture des géométries du bâtiment et la nouvelle classe d’IFC : les IFC 4.1 ou IFC ROAD.

Le BIM infra est donc en pleine effervescence

Dans ce contexte, GEOMENSURA compte parmi les acteurs de ce changement.
Pour accompagner ses clients dans cette transformation digitale GEOMENSURA se place véritablement comme un maillon essentiel de l’accompagnement intégré à ce nouvel écosystème.

Pour finir notre état des lieux, nous vous présentons les principaux acteurs et partenaires du BIM :

  • Mediaconstruct : il s’agit d’un consortium, filiale française de Building Smart International, qui réglemente le format BIM « . IFC « .
  • MINnD : est un groupe de recherche lancé par l’IREX pour la modélisation des infrastructures numériques.
  • EDUBim : GEOMENSURA participe activement à la formation des nouvelles générations sur le BIM, les écoles et organismes de formation étant très demandeurs et proactifs dans ce domaine.

C’est également dans ce contexte d’accompagnement des étudiants que GEOMENSURA était partenaire de la première BIM OUIC.
Organisée par L’IUT de St Nazaire pour ses étudiants de Licence Professionnelle « Conduite de Projets de Travaux Publics » et l’entreprise CHARIER, la BIM OUIC était une semaine dédiée à l’expérimentation du BIM au service des travaux publics.

 

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