BIM infra

Le BIM world qui a eu lieu à Paris début avril, est sans conteste « the place to be » pour parler du BIM. Sa nouvelle version Portes de Versailles redimensionne l’évènement et ouvre le champ des possibles pour nos usages liés au BIM Infra. En effet, si les technologies présentées sont souvent liées au BIM Bâtiment, l’ouverture vers l’infrastructure est bien là et ça c’est une bonne nouvelle.

De nouveaux enjeux attendent donc les acteurs du BIM Infra, avec de nombreux pièges qu’il va falloir éviter. Les éditeurs de logiciels, GEOMENSURA en tête ont d’ores et déjà un rôle essentiel dans cette transition numérique.

Jérôme TOGNINI, Directeur Opérationnel chez GEOMENSURA, partage avec vous sa vision des risques et enjeux à venir pour le BIM Infra

 

I – Échanger des données pour quoi faire ?

Dans notre métier, nous ressentons de nombreux enjeux autour des connexions transversales entre les différents outils. Les utilisateurs veulent pouvoir échanger de l’information dans tous les sens. Cette problématique sera commune à tous les éditeurs de logiciels qui devront rapidement pouvoir échanger leurs datas les uns avec les autres. C’est un enjeu important qui va nous pousser à adapter nos road maps et trouver des compromis.

En effet, une des problématiques majeures est de donner du sens à ces échanges de données. C’est le rôle des éditeurs de logiciels : trouver le sens, analyser l’usage, ce que l’on veut faire des données ou ce qu’il sera bon d’en faire dans quelques années. Notre mission, dès aujourd’hui est donc de bien interpréter et analyser les besoins du terrain et d’éduquer les utilisateurs à l’utilisation de la bonne donnée pour son projet.

 

II – BIM Vs Maquette réaliste : attention piège !

Le risque majeur que je vois aujourd’hui dans le BIM Infra réside dans la confusion entre le BIM, qui véhicule des informations techniques et fait la part belle à la donnée et la maquette réaliste souhaitée par les clients. Il y a ici un malentendu majeur car ce sont bien 2 choses différentes.

Prenons l’exemple d’un candélabre qui éclaire un parking posé sur un massif en béton armé qui l’ancre dans le sol. Pour cela, on utilise divers équipements dont des tiges filetées boulonnées.

On peut représenter le filetage de la tige de manière très réaliste, mais cela n’a aucun intérêt en maquette BIM. Mais le plus grave c’est que cela alourdit considérablement la maquette, au point d’avoir une taille de fichier inexploitable. C’est donc clairement un frein technologique.

Il ne faut pas confondre une scène réaliste et le BIM : le BIM définit un échange de données avec plus ou moins de détail. Une maquette ultra-réaliste pourra quant à elle représenter ce filetage. Ce sont des choses différentes qu’il ne faut surtout pas amalgamer, le format IFC ne le prévoit pas.

 

III – Les enjeux de la connectivité

L’enjeu se situe aussi dans la connectivité des logiciels. Avec l’émergence du travail en mode collaboratif il y a ici d’importants axes de développement pour les éditeurs. GEOMENSURA l’a bien compris et travail déjà dans  ce sens. Nous montons en puissance dans nos échanges pour connecter nos logiciels à de la réalité virtuelle, de la réalité augmentée, les connexions vers la GED (Gestion électronique de Documents), ou encore les nouveaux formats d’IFC Road.

2019 sera en effet marquée par le changement de format des IFC qui évoluent vers un format résolument adapté à l’infrastructure. La version 2X3 dédiée à l’écriture des géométries du bâtiment évolue donc vers une nouvelle classe d’IFC appelés les IFC 4.1 ou IFC ROAD. Ce format 4.1 intègre l’alignement et bientôt la description complète d’un ouvrage routier. C’est un premier pas vers la prise en compte d’objets Infra qui seront de plus en plus nombreux à être intégrés.

Ces nouvelles intégrations seront disponibles dans les prochaines mises à jour des solutions GEOMENSURA dès le second semestre 2019. Nous sommes fiers d’être l’un des moteurs de la diffusion des informations sur ces nouveaux formats IFC.

 

IV – Sonnette d’alarme autour du PPBIM

Aujourd’hui la tendance est à la normalisation de l’écriture des objets BIM dans le bâtiment, il est donc indispensable d’y associer les industriels, c’est toute la mission du PPBIM.

La norme XP P07-150, dite PPBIM consiste à définir une méthode de gestion normalisée d’un dictionnaire de propriétés des produits de construction. Cette norme doit permettre d’intégrer les industriels au BIM afin d’avoir une véritable bibliothèque d’objets fidèles et précis accessible directement depuis les catalogues des fournisseurs. GEOMENSURA œuvre en ce sens afin d’accompagner les industriels dans cette prise de conscience.

De plus, au-delà de l’influence du BIM dans l’optimisation en phase projet, il a également un rôle à jouer dans l’optimisation des coûts d’exploitation de l’ouvrage construit. Et pour cela, il est nécessaire de livrer son jumeau numérique fidèle trait pour trait. Ainsi, le détail des équipements posés est fondamental et n’est possible que si les industriels créent, tiennent à jour et mettent à disposition leurs catalogues en numérique « BIM ». Les catalogues d’équipements « Infra » n’échappent pas à la règle.

Il y a donc  une demande toujours plus forte pour intégrer les bases des fournisseurs industriels dans nos logiciels. Il faut absolument que la profession comprenne l’importance d’avoir des catalogues numériques de leurs produits comme c’est le cas chez leurs confrères du bâtiment, pour qui cela marche très bien. Les industriels de l’infrastructure doivent réagir et vite, nous pouvons les aider mais c’est à eux de constituer leur base. Il y a encore un gros travail de sensibilisation à faire et, malheureusement, nous ne pouvons pas faire ce travail à leur place.

Ceci étant, GEOMENSURA met actuellement en place des partenariats avec des industriels et la société BIMobject pour aller plus loin dans ce sujet du PPBIM et accompagner les industriels dans la définition des objets du BIM. Nous espérons que cette démarche proactive permettra de montrer l’efficacité du PPBIM afin de sensibiliser les industriels aux enjeux de demain.

 

V – Les réponses GEOMENSURA

La réponse GEOMENSURA passe par la formation de tous les acteurs, afin d’éduquer toute la chaîne, du client jusqu’aux utilisateurs finaux. Le BIM n’est pas un problème informatique, la formation et l’information sont les piliers du développement de ces technologies. Nous sommes là pour accompagner les acteurs, et leur apprendre à les exploiter correctement.

L’arrivée des IFC 4.1 souligne le besoin de se former au BIM ; plus que jamais les équipes doivent monter en compétences dans la modélisation. Nous pourrions par facilité penser que le BIM ne concerne que les utilisateurs (expérimentés) de logiciels alors qu’il concerne avant tout les managers (management du changement). Le BIM c’est avant tout de la méthodologie, des outils et de la coordination entre les interlocuteurs, de l’interopérabilité entre les outils.

Dans ses accompagnements GEOMENSURA a bien compris l’importance du facteur humain. Les formations proposées par GEOMENSURA n’interviennent donc pas seulement sur le logiciel mais sur ce changement de paradigme. Travailler en mode collaboratif n’est finalement pas si naturel.

 

VI – Le BIM n’est définitivement pas un effet de mode !

Pour conclure, une chose est sûre le BIM n’est définitivement pas un effet de mode, le BIM est lancé et bien lancé et cela ne s’arrêtera plus ! Ça va vite, de plus en plus vite et GEOMENSURA est à vos côtés pour passer le cap de cette transition digitale.

Chez GEOMENSURA, nous militons activement pour le BIM pour tous : une nouvelle façon de travailler qui doit être accessible à tous, ne laisser personne sur le côté.

 

 

 

Mots clés

Recevez mensuellement les derniers contenus publiés sur le blog de l'infra