Photo rentabilité d'un chantier de travaux publics

Autant de projets, autant de chantiers BTP différents, mais de quels chantiers parlons-nous ?

Un projet de BTP, cela peut vouloir dire beaucoup de choses. Aussi nous nous focaliserons dans cet article sur les projets liés à la modification ou la création d’infrastructures qui regroupent notamment les chantiers VRD (Voirie Réseau Divers), les chantiers de TP (travaux publics) ou d’une manière plus générale tous les projets liés à de l’aménagement extérieur.  

Dans ce secteur, il existe également de multiples chantiers “d’infra” qui diffèrent selon la typologie de clients (particuliers ou entreprises en marchés privés et collectivités en marchés publics) et selon le projet en lui-même (neuf ou rénovation, équipement ou aménagement, construction, réhabilitation ou extension d’infrastructures, de voiries, de réseaux, de canalisations, de quartiers, de zones urbaines …). 

Cependant, certains ingrédients communs sont à prendre en considération conjointement pour optimiser la rentabilité de tous ces chantiers BTP.  

L’appréhension de la faisabilité d’un projet BTP et l’organisation humaine constituent d’ailleurs 2 piliers majeurs à bien considérer pour véritablement : 

  • accélérer et fiabiliser les étapes techniques et organisationnelles, 
  • anticiper et prévoir les évènements imprévus, 
  • simplifier la gestion du chantier, 
  • permettre la réduction des coûts 

Cet article ne dresse pas la liste exhaustive des bonnes pratiques à respecter pour viser la rentabilité de votre chantier. Notre souhait est de vous apporter un retour d’observation et un éclairage sur l’intégration du numérique et des nouvelles technologies à chaque étape clé de votre chantier pour booster sa rentabilité.

I – Mieux appréhender la faisabilité d’un projet BTP d’infrastructure

Piloter un chantier étape par étape s’impose pour mener tout projet BTP d’infrastructure à son terme, de façon à rassembler les conditions de la réussite. 

A minima, 4 étapes viennent jalonner le phasage d’un chantier BTP d’infra :  

Études (préliminaires),  Dossier de Consultation des Entreprises (DCE) et Chiffrage, Exécution, Réception du chantier. 

Les études préliminaires constituent une étape clé pour aider la prise de décision du Maître d’Ouvrage (MOA) vers un GO ou NO GO de la phase opérationnelle du projet. 

Ce temps, dédié aux études de faisabilité et d’opportunité du projet BTP, oblige à bien formaliser les objectifs du projet, à prendre en compte l’environnement et toutes ses contraintes. 

Photo - rentabilite d'un chantier - apprehender la faisabilite du projet

A/ Quelles erreurs, dans la phase d’études, peuvent impacter la rentabilité du chantier ? 

De façon non exhaustive : 

  • oublier de situer le projet BTP d’infrastructure dans le projet de développement global d’urbanisme, 
  • sous-estimer le coût du projet d’infrastructure, 
  • sous-estimer le temps nécessaire à la préparation et à la réalisation du chantier (cf. programmation et ciblage de toutes les problématiques en amont, mauvais phasage etc.), 
  • omettre certaines contraintes qui peuvent apparaître dans la phase de réalisation d’un chantier BTP, 
  • ne pas traiter de façon exhaustive les obligations réglementaires et les démarches administratives avant le démarrage des travaux mais aussi pendant et après les travaux, 
  • commencer à réaliser un chantier … avant l’arrivée des plans ! 

 

B/ Phase conception vs phase exécution, peut-on parler de déconnexion ? 

1) Les bureaux d’études (BE)  

Qu’ils traitent des projets globaux de lotissement, de ZAC, d’aménagement urbain, routiers ou simplement de projets d’extensions/remplacements de canalisations, modification de voiries,
les bureaux d’études (BE) spécialisés ont des compétences techniqu
es et technologiques pointues indéniables.
Le travail de conception réalisé par leurs ingénieurs, projeteurs, dessinateurs notamment grâce à des logiciels de conception comme Mensura est réalisé en amont d’un projet
et permet de concevoir et calculer les b
esoins du chantier BTP mais également prévoir et anticiper les difficultés qui pourraient être rencontrées pendant l’exécution du chantier.  

2) L’entreprise de BTP exécutante 

Située en bout de chaîne, l’entreprise de BTP est garante de la bonne exécution d’un projet BTP. Avant le démarrage d’un chantier, elle se base sur les éléments calculés dans l’étude du BE pour rendre son chiffrage au maître d’ouvrage (MOA). Les entreprises équipées de solutions permettant de vérifier les quantités, comme Mensura Genius ou Mensura BTP, peuvent répondre intelligemment aux soumissions en détectant les erreurs et les failles mais également en anticipant et en contrôlant les quantités pour adapter leur réponse via le Bordereau de Prix Unitaire
(cf. BPU).
 

Spécialisée dans la conception et l’édition de logiciels de dessin et de conception (CAO/DAO) pour les professionnels des Travaux Publics, de l’Infrastructure, de l’aménagement extérieur et urbain depuis près de 40 ans, nous avons constaté une déconnexion de plus en plus frappante entre la phase étude d’un projet et son exécution.
Chaque partie semble voir midi à sa porte alors que l’on préférerait parfois qu’une collaboration plus prononcée fasse foi.
 

La collaboration intervient souvent après la validation du mémoire technique.
Chaq
ue entreprise gère la partie technique qui lui incombe sans forcément se préoccuper des contraintes des autres parties prenantes.

3) Un transfert de compétences pas toujours au service du projet, mais à qui la faute? 

Délivrant une prestation à forte valeur ajoutée, le BE ne devrait pas fournir d’études trop sommaires à l’exécution. 

De son coté, dernier maillon de la chaine, l’entreprise exécutante devrait maîtriser aussi bien ses engins que les logiciels métiers pour lui permettre de bien estimer les quantités,
en particulier sur les postes à coûts importants comme les te
rrassements ou les matériaux bitumés pour ne citer qu’eux. 

Dans le cadre du transfert des compétences de l’État vers les Collectivités Territoriales, les dotations des collectivités viennent impacter directement l’ensemble des acteurs du secteur de la construction. 

En phase de restrictions budgétaires, il faut trop souvent que les BE s’adaptent avec moins de budget et de temps; par rebond, les entreprises de BTP doivent se restructurer, se moderniser et s’équiper de logiciels d’études performants. 

Prenons l’exemple de la période 2014-2017, la baisse des dotations aux Collectivités Territoriales a entraîné une baisse de 23 milliards d’euros des investissements publics. 

La conséquence directe fut la dégradation des infrastructures et des bâtiments avec également un impact négatif sur l’emploi local dans les entreprises de BTP.  

A contrario, 2018 et 2019 ont enregistré une stabilisation de la dotation de soutien à l’investissement local (570 millions d’euros pour 2019), notamment au profit de projets d’infrastructures, de transport et de mobilité. 

Source : SÉNAT Questions/Réponses

Dans un contexte budgétaire non maîtrisé, même si la reprise sectorielle est affirmée, avec des perspectives encourageantes, les entreprises de BTP n’ont pas d’autre choix que de s’adapter avec agilité. S’équiper de logiciels performants, constitue pour ces mêmes entreprises, une des clés de l’adaptation, ne serait-ce qu’au niveau du gain de productivité et de l’optimisation du suivi de chantier.


En résumé, pour mieux appréhender la faisabilité d’un projet d’infrastructure, il faut nécessairement accepte
r de passer du temps et de l’investissement en amont pour : 

  • optimiser la qualité des études de faisabilité, 

  • s’assurer que l’ensemble des problématiques a bien été pris en compte à chaque étape,

  • éviter les erreurs qui peuvent coûter cher pendant l’exécution des travaux et impacter la livraison d’un chantier BTP.

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II – Optimiser l’organisation humaine : en back-office et sur le chantier BTP 

Au-delà de l’étude de la faisabilité technique d’un projet BTP, l’organisation humaine est un maillon essentiel pour contribuer à la bonne rentabilité d’un chantier d’infrastructure. 

Il nous a semblé pertinent de nous pencher sur 3 actions à mener parallèlement pour optimiser au mieux cette organisation humaine.

Photo - rentabilité d' un chantier - l'organisation humaine

A/ Limiter la sous-traitance 

Le secteur du BTP a toujours largement fait appel à la sous-traitance : avec les transports, la construction est le secteur qui, proportionnellement à sa production, sous-traite le plus.  

Son taux de sous-traitance est de 21,4% contre 13,5% en moyenne tous secteurs confondus. (Source Insee). Les majors du secteur prennent en charge le gros œuvre et sous-traitent régulièrement le second œuvre. 

Alors, quels leviers actionner pour Limiter la sous-traitance  ?

       1. Optimiser ses processus pour mieux organiser les équipes

La méthode d’optimisation des processus, inspirée du Lean Management gagne progressivement le secteur des BTP et de l’Infrastructure.

Plus généralement, des process bien maîtrisés permettent de limiter au maximum le recours à la sous-traitance, voire d’organiser les équipes différemment, en se concentrant sur l’essentiel. 

Prenons le cas du suivi du projet. S’il est effectué à l’appui de logiciels métier performants, l’entreprise de BTP pourra suivre chaque étape du projet en temps réel, analyser la performance de chaque équipe, au bureau comment sur le chantier et procéder à certains ajustements si besoin. 

     2. Réduire les coûts

Rappelons que l’objectif de toute entreprise de BTP est de construire au meilleur prix, un bâtiment ou des infrastructures, tout en respectant les délais imposés. Si la sous-traitance peut permettre de pallier un besoin de personnel sur un chantier de manière ponctuelle, elle ne fait pas grandir l’entreprise de BTP et induit des coûts directs et indirects importants. 

Élargir ses domaines de compétences, en sachant notamment travailler avec des solutions logicielles métier maîtrisées et bien paramétrées, peut résoudre une partie de la problématique et permettre à l’entreprise de favoriser et valoriser une expertise en interne.

      3. Maîtriser ses projets 

Différents constats liés à la sous-traitance peuvent faire déraper la rentabilité d’un chantier pour l’entreprise de BTP ou d’infrastructures :

  • l’absence de contrôles de la qualité en cours du chantier et de tenue des délais, dans un contexte général ou la qualité est difficile à contrôler et pas toujours au rendez-vous,
  • un niveau parfois élevé de dépendance ; d’autant plus si l’entreprise de BTP ou d’infrastructures ne maîtrise pas un domaine particulier du chantier qui lui est confié. 
  • l’absence de partage de savoir sur un chantier, ayant souvent pour effet corollaire un travail à la tâche et en silo  
  • un risque de défaillance d’un sous-traitant n’est pas à exclure. Et même si un contrat de sous-traitance a été signé entre le sous-traitant et l’entreprise de BTP, cette dernière entité reste seule responsable devant le client maître d’ouvrage.

 

B/ Faire évoluer les postes traditionnels vers une dimension également numérique 

Grâce à la transition numérique, le BIM, la robotisation, les objets connectés, et les nouveaux matériaux les entreprises de BTP entrent progressivement dans l’ère du digital. Les métiers sur les chantiers mais aussi à l’intérieur de l’entreprise sont donc en réelle évolution. Pour les entreprises du secteur de la construction, cette mutation doit être considérée comme un atout pour accompagner leurs collaborateurs travaillant sur des postes traditionnels, dans le but de les faire monter en compétence en intégrant une dimension plus moderne.  

Dans ce contexte, les 2 parties prenantes (entreprises et collaborateurs concernés) sont gagnantes, surtout si l’on considère la pénurie actuelle de main-d’œuvre (effet de pénurie dans le monde du BTP important). En effet, les nouveaux entrants sur le marché du travail (moins d’élèves qu’auparavant) sont loin de couvrir les besoins pour les chantiers actuels et futurs du Bâtiment et des Travaux Publics.  

 

C/ Miser sur la formation continue à tous les niveaux 

1) Se former pour optimiser son temps 

Grâce au numérique et l’implémentation de nouveaux outils ou processus (guidage machine, process BIM…), on parvient précisément à gagner du temps en ré-utilisant notamment des données obtenues dès le départ du chantier (levés, MNT…) en les enrichissant pour qu’elles servent à d’autres phases d’un chantier BTP.

S’approprier les outils numériques pour fluidifier les processus et gagner en réactivité est un objectif stratégique à atteindre pour beaucoup d’entreprises de la construction.  

Miser sur la formation est alors indispensable car les outils se modernisent sans cesse et rendent les équipes de plus en plus performantes. 

2) Se former pour se développer et rester dans la course 

Le secteur du BTP et notamment les TP connaissent aujourd’hui une phase de modernisation active. Les nouveaux outils développés et commercialisés (technologies embarquées, logiciels dédiés…) permettent de préparer, anticiper et réaliser les projets BTP avec plus de précisions (phasages, choix des matériaux, aide à la décision…). Les données générées par ces solutions apportent des éléments affinés et pertinents qui agissent comme autant d’avantages concurrentiels à ceux qui savent les analyser et les utiliser. 

Outre les effets bénéfiques sur les conditions de travail, sur l’estime de soi des salariés, la montée en compétence de ses salariés permet à une entreprise de TP d’ajouter des cartes stratégiques à son jeu d’expertises. A l’heure où les marchés publics tendent à se raccourcir ou se négocier à la baisse, la concurrence est rude et la différenciation est un atout.

Parallèlement à sa réputation, la modernité et l’expertise sont des facteurs contribuant à « renforcer » l’image d’une entreprise. Les jeunes actifs sont aujourd’hui baignés dans le numérique et il est presque impensable pour eux aujourd’hui que leurs outils de travail ne soient pas modernes voire connectés. 

Avec le numérique et l’évolution des pratiques qui en découle, les métiers des travaux publics évoluent.
En se formant à des outils plus modernes, souvent pensés par des gens de terrain, une entreprise de TP améliore très nettement ses réponses à projets ainsi que leurs exécutions.
Ainsi
, elle conserve un avantage concurrentiel et au lieu de subir le changement, elle l’anticipe. 

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Les solutions modernes liées à la transition numérique jouent désormais un rôle croissant dans la performance d’un chantier

Si l’appréhension de la faisabilité d’un projet BTP et l’organisation humaine constituent 2 des piliers majeurs à bien considérer pour optimiser la rentabilité d’un chantier, des solutions modernes comme le Processus BIM amènent les entreprises spécialisées dans les Travaux Publics et l’Infrastructure à mettre en œuvre une véritable transition numérique au sein de leur structure faisant évoluer en interne la méthodologie et les compétences, notamment à l’appui de la formation des équipes. 

Pour aller pleinement dans le sens de la performance des chantiers, les logiciels métiers comme Mensura BTP continuent à s’interfacer avec d’autres logiciels métier spécialisés pour une compréhension plus globale du chantier. 

D’ailleurs, cette transition est en marche et le BIM infra est l’un de ses plus fidèles compagnons dans les travaux publics et l’infrastructure. En effet, il avance aujourd’hui au service de la performance mais aussi de l’exploitation future des projets et permet une prise de recul qui révolutionne les codes de notre secteur 

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